Lettre circulaire à tous les villages

 

Nous remercions tous les villages que nous avons visités lors de notre voyage du 2 au 17 octobre 1999 pour la grande hospitalité dont nous avons été l’objet. Tous les membres de notre délégation étaient très contents de l’accueil chaleureux ; quoique nous étions très nombreux, quelquefois jusqu’à 7 personnes, on avait très bien organisé notre séjour.

 Nous remercions également tous nos amis africains qui se sont engagés pour réaliser les différents projets surtout Anselm Sanou qui nous donne des conseils excellents, qui a le grand but d’aider et de développer son pays.

 Un grand merci aussi à toutes les femmes et à tous les hommes qui ont ramassé le sable , le gravier et les cailloux sauvages nécessaires les coups de main pour la réalisation de nos projets. Nous sommes aussi très heureux que les Directions Provinciales de l’Enseignement de Base aient  tout de suite envoyé des enseignants dans nos écoles terminées.

 En 1999, nous avons pu réaliser les projets suivants d’un montant de 183,4 Mio. de CFA au Burkina:

 1.      la construction d’un collège avec un bâtiment administratif, 5 logements et un forage à Djigouera (Province de Kénédougou)                                                                                        52.497.200 FCFA

2.      la construction d’une école primaire et de 3 logements avec forage à Kekelesso (Département de Bobo Dioulasso, Province du Houet)                                                                                             29.327.300 FCFA

3.      la construction de deux classes avec magasin et de 3 logements avec forage à Boussanra (Département de Tiéfora, Province de la Camoé)                                                                                  25.606.999 FCFA

4.      la construction d’une école primaire et de 3 logements avec forage à Foura (Département de Kaya, Province du Sanmatenga)                                                                                     29.141.690 FCFA

5.      la construction d’une école primaire et de 3 logements avec forage à Wobzoughin ( Département de Gounghin, Province du Kouritenga)                                                                                      29.016.690 FCFA

6.      la construction du troisième logement, des latrines scolaires et d’un abreuvoir à Kalyende (Département de Doulougou, Province du Basèga)                                                                           4.102.188 FCFA

7.      la construction d’un abreuvoir et d’une maison d’accouchement à Kidibin (Département de Dialgaye , Province du Kouritenga)                                                                                              650.000 FCFA

8.      les fournitures scolaires pour les filles                                                       4.524.047 FCFA

9.      les subventions pour l’internat à Tambaga et le CSPS de Nohoungo        872.207 FCFA

10.un soutient financier pour Managré Nooma des Orphelins, A.M.P.O. à Ouagadougou   5.777.088 FCFA

11. le renouvellement du toit du collège de Kirsi                                          1.898.400 FCFA

  En 2000, nous voulons réaliser les projets suivants d’un montant de 188 Mio. de FCFA au Burkina Faso: 

1.      la construction d’un collège avec un bâtiment administratif, une cuisine, des latrines scolaires, cinq logements, dont chacun  avec toilette et cuisine, un forage avec abreuvoir et un grillage pour la protection des arbres (50m x 50m) à Broum-Broum, province de Poni,

2.      la construction d’une école primaire avec magasin, une cuisine et des latrines scolaires, deux logements, dont chacun  avec toilette et cuisine, un forage avec abreuvoir et un grillage à Koro, Province du Houet,

3.      la construction d’une école primaire avec magasin, une cuisine et des latrines scolaires, deux logements, dont chacun  avec toilette et cuisine, un forage avec abreuvoir et un grillage à Dafinso, Province du Houet,

4.      la construction d’une école primaire avec magasin, une cuisine et des latrines scolaires, deux logements, dont chacun  avec toilette et cuisine, un forage avec abreuvoir et un grillage à Towogdou, Province de la Gnagna, Département de Bilanga,

5.      la construction d’une école primaire avec magasin, une cuisine et des latrines scolaires, deux logements, dont chacun  avec toilette et cuisine, un forage avec abreuvoir et un grillage à Donsin, province du Kouritenga, Département de Goughin,

6.      la construction de quatre classes avec magasin et cinquante-cinq table-bancs pour le collège Marie Reine à Tenkodogo, province du Boulgou,

7.      la construction d’un logement et des latrines scolaires et vingt-cinq table-bancs à Bayentouodi, Province de la Tapoa, Département de Tambaga,

8.      la construction d’un logement et des latrines scolaires à Padanfouani, Province de la Tapoa, Département de Tambaga,

9.      la construction d’un logement et des latrines scolaires à Samboaga, Province de Sammatenga, Département de Ziga,

10.  l’achat de lampes solaires et le financement d’une formation de 25 hommes et 25 femmes sur la planification familiale à Nohoungo, Province du Kouritenga, subvention pour l’internat à Tambaga, province de la Tapoa,

11.  les fournitures scolaires pour les filles des écoles,

12.  un grillage pour la protection des arbres (50m x 50m) à Kirsi, province du Passoré.

 Pour les projets de 1 à 5, notre association achète également vingt-cinq table-bancs, un bureau, une chaise et une armoire par classe. Les populations de Koro, Dafinso, Towogdou et de Donsin doivent s’engager à épargner dès maintenant l’argent nécessaire pour la construction du troisième logement qui doit être construit dans quatre ans parce que l’ASAO n’en construit que deux.

 Nous devons tout de suite commencer avec la construction des écoles et du collège pour qu’au moins une classe soit terminée avant la rentrée scolaire d’octobre 2000 afin que les élèves puissent y accéder . Les autres bâtiments devraient être achevés au 31 décembre 2000.

 Nous  vous prions de nous comprendre si nous poussons assez fortement les actions . Tous nos projets qui sont subventionnés par notre ministère doivent être terminés et mis en fonction avant la fin de l’année.  Pour pouvoir bénéficier d’autres subventions l’année suivante, nous devons d’abord faire un rapport sur nos projets réalisés et sur leur fonctionnement. En cas de non-réussite, nous risquons une diminution des subventions aux dépens d’autres villages.

 En 2000, notre Association ne pourra pas réaliser d’autres projets parce que ses moyens financiers seront plus qu’épuisés.

 Nous réalisons seulement des projets si:

a.       nous avons l’autorisation des autorités pour la construction d’une école ou d’un collège et si l’état burkinabé donne l’accord d’envoyer des enseignants,

b.      les villages donnent gratuitement le terrain,

c.       la population rassemble des pierres et du sable,

d.      pendant la construction, au moins 5 personnes aident gratuitement l’entreprise,

e.       la population qui profite d’un forage constitue  un fonds de réserve de 100.000 CFA par an pour pouvoir payer les réparations de la pompe et  nous rend compte des dépenses,

f.        la population plante beaucoup d’arbres (sauf l’eucalyptus) autour de tous nos projets et les entretient bien. 

S’il y a déjà un forage proche de l’école prévue, nous sommes prêts à financer un autre forage à condition que celui-ci soit à une distance d’au moins un kilomètre pour aider les femmes qui doivent parcourir de longs trajets pour aller chercher de l’eau.

 

Pour pouvoir demander une subvention à notre ministère, il nous faut les renseignements suivants:

g.       Est-ce qu’il y a déjà une permission de l’Etat pour réaliser le projet?

h.       Y-a-t-il une association locale qui s’occupera de la construction et qui la surveillera? Quels sont les projets que cette association a déjà réalisés? Quel est son nom et combien de membres a-t-elle?

i.         Le nom et l’adresse d’une personne qui sera responsable de la construction et qui la surveillera et qui sera capable de motiver la population à aider et à soutenir ce projet.

j.        Quel est le pourcentage des enfants qui sont scolarisés?

k.      Quelle est la distance à l’école prochaine?

l.         Combien d’habitants habitent dans la région?

Nous voudrions bien qu’il y ait plus de filles scolarisées dans nos écoles et qu’on donne des cours de planning familial parce qu’il est impossible de construire des écoles pour tant d’enfants. En plus, nous voyons un autre grand problème: comment nourrir suffisamment une  population qui grandit si rapidement.

Puisque nous devons beaucoup travailler afin de pouvoir financer tous ces projets dans votre pays, nous attendons que nos amis africains s’engagent gratuitement pour les projets qui leur serviront à développer leur pays et qu’ils conservent en bon état tout ce qu’on a construit. D’après notre statut, nous ne pouvons construire qu’un seul grand projet par village. C’est Anselm Sanou, notre représentant au Burkina Faso qui s’occupe de nos projets, qui  ordonne, qui commande et qui paie  toutes les factures directement de notre compte. Pour les futurs projets, il faut s’adresser à Anselm Sanou - nous réalisons nos projets seulement avec son accord.

Pour pouvoir contrôler, nous réalisons nous même nos projets . Nous ne donnons pas de l’argent à des associations. D’autre part, nous construisons des logements seulement si nous avons construit l’école ou le collège. Nous ne finançons pas de projets dont le fonctionnement et l’entretient ne seront pas assurés après la réalisation ( par exemple une maison des Jeunes ) .

Nous insistons que les associations qui demandent les projets et les associations des parents d’élèves veillent à ce que:

1.      tous les bâtiments aussi bien que les meubles soient soignés et bien entretenus,

2.      pour l’entretien de la pompe, une somme de 100.000 FCFA doit être payée annuellement  par les usagers du forage. Cette somme doit être versée à un livret de caisse d’épargne dont uniquement deux personnes ont le droit de disposer. Chaque année, quand les fournitures pour les filles sont prises, ce livret doit être montré au représentant de l’ASAO avec les factures en cas de dépenses pour la pompe,

3.      chaque écolier plante et entretienne un arbre par an (sauf l’eucalyptus). L’ASAO paie le grillage pour la protection de la pépinière,

4.      la population scolarise autant de filles que de garçons et que les élèves soient enseignés sur la grande lutte contre la désertification et sur les problèmes de la croissance de la population,

 Si dans un village la population ne collecte  pas la somme de 100.000 FCFA par an pour l’entretien du forage ou si les élèves ne plantent pas des arbres, ce dernier ne recevra    plus de fournitures de la part de l’ASAO. 

 Lors de notre dernier voyage nous avons malheureusement dû constater des choses qui n’allaient pas  dont il faut parler entre amis pour s’en informer afin de les éviter à l’avenir :

1.    Nous avons dû constater qu’aucun village en dehors de Tensobtenga n’avait épargné les 100.000 FCFA demandés par notre Association pour une éventuelle        réparation de la pompe. A notre avis, un développement est seulement possible si la population s’engage et entretient à ses frais tout ce qu’on lui a offert           gratuitement. Si chaque famille qui profite du forage et qui envoie un enfant à l’école donne la valeur d’un poulet en FCFA par an, on aurait facilement la somme demandée. Vous devez savoir que nous travaillons beaucoup en Allemagne pour pouvoir financer les projets dans votre pays et que la valeur d’un poulet vaut la peine pour entretenir les dit  projets à votre propre profit.

2.      A Bondoudoum (Province du Kouritenga, Département de Goughin), nous avons remarqué que les latrines pour les élèves et les toilettes pour les logements n’ont pas du tout été construits et que la cuisine scolaire aussi bien que deux logements étaient dans un état lamentable. Nous ne sommes pas du tout content de cette situation  parce que nous avons tout payé. C’est pourquoi nous joignons une copie de la facture de l’entreprise EOI (Etablissement Ouédraogo Issaka). A notre avis, c’est la pure escroquerie. Si l’entreprise EOI et l’organisateur de ce projet, M. Niodogo Dieudonné, ne réalisent pas le reste qu’on a déjà payé, notre Association ne fera plus d’autres projets dans cette province. En plus, le deuxième instituteur n’était pas encore arrivé et à notre grand regret, seulement 22 élèves par classe étaient scolarisés.

3.      A Nakaba (Province du Kouritenga), tous les arbres que les politiciens et l’ambassadrice ont planté à l’occasion de la grande inauguration en octobre 1997 ont péri. Il est absolument nécessaire que les enseignants enseignent aux élèves l’entretien des arbres et que chaque élève plante et entretienne tout seul un arbre afin de attribuer à la grande lutte contre la désertification. L’Association des parents d’élèves pourrait financer l’abri des arbres. A notre grand regret, la pompe du forage de l’école était en panne.

4.      A Kidibin (Province du Kouritenga), l’ancien directeur de l’école, M. Palé Sié (actuellement en service à la DPBA du Poni), a emporté la lampe solaire que notre Association a acheté pour la formation des adultes à Kidibin. Puisque cette lampe n’est pas un cadeau personnel, nous prions l ‘administration ( Police , DPBA etc…) de bien vouloir nous aider à retrouver la lampe et à l’envoyer à Kidibin ou à M. Sanou Anselm.

5.      A Tensobentenga (Province du Kouritenga), nous avons construit deux bâtiments de quatre classes chacun  pour le collège ( CEG ); mais on ne scolarise que dans un seul bâtiment. Ainsi le deuxième demeure vide. Avec cet argent, on aurait pu financer un autre projet.Nous souhaiterions que l’administration du collège en collaboration avec les autorités provinciales et régionales de l’enseignement puissent trouver une solution à ce problème .

6.      Nous prions les populations dans les villages où nous avons construit un forage sans abreuvoir de les construire eux-mêmes pour garder le forage sain et sauf  et pour empêcher que l’eau soit polluée. Nous vous demandons également de vous procurer du grillage pour la protection des arbres . Elles soutiendront par la , les efforts des élèves dans la lutte contre la désertification. Quand les arbres seront assez grands, on pourra arbitrer de nouveaux plants dans un autre endroit de l’école avec ce grillage. Ainsi vous aurez après quelques années une « belle forêt » qui sera utile aux hommes et aux animaux.

7.      A Niésséga (Province de Zondoma), le CSPS ne fonctionne pas : la maternité ne sert à rien parce qu’il n’y a pas de sage-femme et le dispensaire est très peu fréquenté. On nous a dit que c’est parce qu’il n’y a pas de pharmacie villageoise. Nous avons alors proposé d’envoyer gratuitement des médicaments qui seront ensuite vendus aux clients. Avec cet argent, on pourrait se procurer d’autres médicaments pour aider la population. La vente et l’achat des médicaments pourraient être gérés par l’infirmier et l’Américaine de Peace Corps. Mais jusqu’à maintenant nous n’avons pas reçu de liste pour pouvoir procurer les médicaments. De cette manière, il nous semble être très difficile d’aider la population qui en a certainement  besoin. D’autre part, on ne se sert pas tellement du forage que notre Association a construit.

8.      En dépit de plusieurs demandes,  nous n’avons pas reçu de réponse du Centre Social et d’artisanat à Tambaga (Province de la Tapoa)  sur son fonctionnement. Nous prions encore une foi l’Association pour le Développement du Département de Tambaga de nous informer sur le fonctionnement du centre. Pour le moment, nous annulons toutes nos subventions pour le centre.

 Même si les inconvénients prennent une grande place dans notre lettre, il faut absolument dire que la plus part de nos projets fonctionnent très bien. Nous en sommes bien reconnaissants et cela nous encourage de continuer à entreprendre d’autres projets dans votre pays que nous aimons beaucoup et dont l’hospitalité chaleureuse  de la population nous enchante toujours.   

 Une délégation de notre association d’environ 8 personnes a l’intention de venir au Burkina Faso du 1 au 15 octobre. Nous avons dû choisir cette date parce qu’il y a parmi nous des enseignants et des élèves qui ne peuvent s’absenter que pendant les vacances scolaires.

 Même si nous serons nombreux, nous prions les villages où nous irons de ne pas trop se déranger. Nous emporterons tout ce qu’il faut jusqu'à la lampe à gaz pour le soir. Une  classe libre ou un logement non encore habité nous suffit pour notre séjour. Nous voulons discuter avec la population pour nous imprégner de leurs problèmes. Sanou Anselm louera certainement un taxi-brousse pour notre voyage.

 Pour le moment, nous n’avons pas encore de programme fixe . celui-ci dépendra des pluies et de la situation des routes. Dès notre arrivée, nous nous rendrons en direction de Bobo-Dioulasso. A part une seule grande inauguration qu’on pourrait organiser à Djigouéra (Province du Kénédougou) avec la participation de l’ambassadeur allemand, nous serions très contents d’assister à de petites cérémonies sans trop de discours, organisées par les écoles et les élèves dont les chants et les danses nous impressionnent toujours. Les villages prévus pour notre visite seront : Moussobadougou, Kouakrouma, Kékélesso, Dafinso (tous dans la province du Houet), Boussanra (Province de la Comoé) et Broum-Broum (Province du Poni). C’est M. Sanou Anselm qui tracera notre trajet.

Nous souhaitons à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2000, une bonne santé, bonheur, prospérité et bien sûr une bonne récolte.

 Charly Simonis

   (Président)